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lundi 27 février 2017

Fort de Vaujours : La face cachée des expérimentations atomiques en France

La face cachée des expérimentations atomiques en France

Article paru dans "Les InROCKS" le 21/02/2017 Par Emilie Jehanno http://abonnes.lesinrocks.com/2017/02/21/actualite/face-cachee-experimentations-atomiques-france-11909934/

Les essais nucléaires français en Algérie et Polynésie française restent une tache sombre de l’histoire de France. Il existe un autre récit atomique bien moins connu : celui des expérimentations en métropole. Pollutions, suspicions de cancers, secrets d’Etat : enquête sur les antichambres de la bombe.

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Le Fort de Vaujours (© Christophe Nedelec)

Un graffiti hommage à Moebius recouvre l’ancien laboratoire. La végétation grignote ce vestige, témoin tenace de l’histoire du nucléaire militaire. Cette friche industrielle, c’est le fort de Vaujours, construit au XIXe siècle pour défendre Paris. Les bâtiments vétustes, éventrés par les ferrailleurs, dessinent le cimetière d’une ville miniature, dotée de terrains de foot et de tennis. C’est ici que le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) a conçu Gerboise Bleue, la première bombe atomique française déclenchée dans le Sahara algérien, en février 1960. Qui se souvient aujourd’hui que les recherches permettant sa création se sont déroulées à 15 kilomètres de Paris ?

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, Charles de Gaulle a une ambition : doter la France de l’arme nucléaire. Pour la mettre en œuvre, le CEA investira notamment Vaujours, à cheval entre la Seine­-et­-Marne et la Seine-Saint-­Denis, et Moronvilliers dans la Marne. Surnommé en interne “l’antichambre du Pacifique”, Moronvilliers accueillera les pré-tests des essais nucléaires en Polynésie française. Si la France se targue d’appartenir au club fermé des nations possédant l’arme atomique, le coût humain de l’obtention de “cette force de dissuasion” reste une question en suspens. Soixante ans après les premiers essais nucléaires, populations locales, militaires et sous traitants ont toujours des difficultés à obtenir réparation (1). En métropole, les expérimentations ont-elles eu, elles aussi, des conséquences sanitaires ? Le ministère de la Défense a­-t-­il pris le risque de mettre en danger riverains, salariés et sous-traitants du CEA pour développer la dissuasion nucléaire française ?

Au téléphone, sa voix tremble de colère. Anne*, la cinquantaine, témoigne pour la première fois et n’a aucun doute : sa famille est victime des essais menés par le CEA. “On a laissé tomber nos vies au profit des avancées nucléaires”, estime-t-elle. En 2006, les médecins diagnostiquent à sa mère un cancer de la thyroïde. Quelques années plus tard, c’est au tour d’Anne. Son père contracte lui aussi un gros nodule à la thyroïde. Trois atteintes, aucun antécédent familial. “Ce n’est pas génétique. C’est un cancer très rare. Dans notre cas, il y a seulement un facteur commun”. Pendant près de vingt ans, ils ont vécu dans la commune de Courtry, située à un kilomètre des 50 hectares du fort. Les dirigeants du CEA entretenaient le silence, assure Anne. “Ils avaient un discours bien rodé, n’expliquaient rien. Pour eux, les explosions qu’on entendait venaient de la carrière, située à côté.” Mais pour Anne, cela pourrait être les essais de détonique menés au fort. Sans réaction nucléaire, ils consistent à faire exploser des engins comportant des matières chimiques et parfois radioactives, représentatives des constituants de la bombe, comme l’uranium appauvri. Et dans certains cas du béryllium, un élément très toxique.

Un parcours du combattant

Quand Anne passe le bac, les médecins diagnostiquent une tumeur au cerveau à l’une de ses voisines, âgée de 19 ans. “On pourrait recueillir beaucoup de témoignages mais les victimes n’osent pas parler”, estime Anne. Une part de déni, selon elle. Peut-être aussi la peur de mordre la main qui nourrit. Le CEA pourvoyait une bonne part de l’emploi des communes autour de ses sites d’expérimentation. En 2012, le Commissariat comptait 16 000 salariés pour un budget de 4,7 milliards d’euros, presque deux fois celui de la culture. Malgré tout, Anne voudrait réunir des témoignages pour déposer une plainte commune contre le CEA. Un parcours du combattant. En 2001, Jean Claude Antiga, un ancien sous-traitant du fort atteint d’un cancer de la thyroïde, l’avait attaqué en vain, faute de preuve concrète liant son activité et sa maladie.

En 2014, Grégory Jurado, conseiller municipal Front de Gauche de Courtry, met la main sur un document troublant : entre 2004 et 2007, à Courtry, 52 % des décès chez les hommes et 49 % chez les femmes sont dus à une tumeur. Des chiffres très au­ dessus de la moyenne francilienne. Les associations croient détenir une pièce décisive. C’est la douche froide : l’Agence régionale de santé (ARS) refuse de donner suite à leur demande d’étude épidémiologique. Dans un courrier, Claude Evin, alors directeur régional, leur oppose trois arguments : en 2002, une étude conduite auprès des 2 473 personnes ayant travaillé à Vaujours a conclu que le site ne présentait pas de risque sanitaire « supplémentaire » pour les riverains ; les chiffres extraits par Grégory Jurado feraient l’objet d’une « interprétation erronée » ; enfin, selon l’ARS, aucune donnée scientifique ne permettrait d’établir un lien entre radioactivité du site et cancer de la thyroïde. Contactée, l’ARS fait valoir que les arguments soutenus par Claude Evin sont toujours d’actualité.

Planté au milieu des plaines de Champagne, le site de Moronvillliers est rattaché à Pontfaverger, village de 1 700 habitants entouré de céréales et de vignes. Damien Girard y a été élu maire en 2014. Cet ancien président d’une association de protection de l’environnement porte depuis plus de dix ans la mobilisation autour du site d’expérimentations, fermé en 2013. Certains de ses proches, aujourd’hui décédés, travaillaient à Moronvilliers ou à Vaujours. Comme son beau-père, mort d’un cancer des poumons en 1998. “Il fumait beaucoup, je ne m’étais pas trop posé de questions”, justifie Damien Girard. C’est la perte d’un ami, Alain*, atteint d’un cancer aux poumons puis au cerveau, qui l’a convaincu d’initier ce combat. Avant de mourir, Alain se confie au maire : il est persuadé que Vaujours l’a contaminé un jour bien précis.

Embauché pour dépolluer le site, Alain démontait alors sans protection un bâtiment. Rien n’indiquait dans le protocole qu’il était contaminé, nous raconte Damin Girard. Lorsque le supérieur d’Alain s’aperçoit qu’il travaille sans protection, il lui passe un savon et l’oblige à prendre trois semaines de repos non déclarées. Alain meurt en 2004, à l’âge de 34 ans, d’un cancer. Comme son père avant lui. Ce dernier a travaillé sur le site de Moronvilliers. Il était chargé de vérifier le niveau de radioactivité de la zone de tir après une explosion. Un jour, le père d’Alain tombe dans un trou. Ses supérieurs l’enverrons se faire décontaminer dans le sud de la France. “Leurs cancers n’a jamais été reconnu comme une maladie professionnelle”, précise le maire de Pontfaverger.

Un autre cas, celui de Philippe*, le beau-frère de Damien Girard, illustre l’opacité du fonctionnement interne du CEA. Philippe décède à 56 ans de problèmes pulmonaires après avoir travaillé pendant plus de 20 ans au centre de Moronvilliers. Sur un enregistrement conservé par le maire, il raconte avoir nettoyé “en civil” les dalles de tir, sans toucher aux éléments irradiés. En 2002, lorsque la loi Kouchner autorise l’accès aux dossiers médicaux, Damien Girard réclame celui de son beau-frère et tombe des nues. A plusieurs reprises, des traces de béryllium, au dessus du seuil réglementaire, ont été détectées dans son nez. Jamais le CEA n’a informé son beau-frère de ces résultats.

Comment le Commissariat justifie-t-il d’avoir gardé ces informations à sa discrétion ? En expliquant que ce seuil n’implique pas nécessairement une contamination. Pourtant, inhalé, le béryllium est extrêmement toxique, même à faible dose : il induit des atteintes pulmonaires et des lésions hépatiques et rénales. Lorsque Damien Girard montre le dossier à un ancien directeur, ce dernier est entré dans une colère noire, raconte le maire : “Bande d’enfoirés, je leur avais dit de ne pas travailler avec ça. L’uranium, c’est de la rigolade, le béryllium, ça, c’est de la merde !”. Interrogé sur le cas de Philippe et sur l’utilisation de béryllium, le CEA botte en touche en expliquant que le tabac et le ciment en contiennent également.

“Motus et bouche cousue”

Pour dénoncer ce qu’il estime être un scandale d’Etat, Damien Girard voudrait mobiliser davantage. Dans la commune marnaise, les habitants, frileux, rechignent à parler. “Pendant 55 ans, nous avons eu le CEA chez nous, beaucoup de familles y ont travaillé, ont gagné de l’argent grâce à eux. Ils contrôlaient très bien l’information”, relate le maire. Et d’évoquer des rumeurs qui couraient à l’époque : les lignes téléphoniques des sous-traitants auraient été piratées pour vérifier que rien ne filtrait au sujet des essais. “C’était motus et bouche cousue, on ne savait rien et on ne posait pas de questions”, évoque un autre témoin de l’époque qui préfère garder l’anonymat. Parfois, au fil des conversations, quelques langues se délient et les souvenirs affleurent, comme ces problèmes de thyroïde ou cette vague de cancers chez les agriculteurs d’une commune voisine. “Ils tombaient comme des mouches à une période”, se souvient une infirmière. Mais, sans étude sanitaire, impossible de lier activités du CEA et cancers.

Le CEA se défend de toute opacité. Pourtant, des éléments sèment le doute. En avril 2016, une première réunion se tient dans le but de créer une commission d’informations à Moronvilliers. Deux versions du compte-rendu circulent : celle du CEA et celle de Bruno Chareyron, représentant la Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité (Criirad), disponible en ligne. Invité à la réunion par le maire Damien Girard, Bruno Chareyron révèle dans sa version des informations absentes du compte rendu non public du CEA, que nous avons pu consulter : il resterait, à ce jour, 2,7 tonnes d’uranium sur le site ; les tirs y ont été effectués à l’air libre et dans une centaine de puits creusés dans la craie à une profondeur de 20 à 25 mètres. Dans son rapport, le CEA confirme seulement l’utilisation d’uranium appauvri, de béryllium et de tritium. D’après la Criirad, de l’uranium de retraitement issu de déchets nucléaires aurait également été manipulé, pouvant contenir des traces de plutonium. L’association demande à ce qu’une évaluation d’impact sur le milieu aquatique, l’atmosphère et la chaîne alimentaire soit réalisée.

A Moronvilliers, le Commissariat indique que les bâtiments seront déconstruits et les sols, nettoyés. Mais le maire doute des procédures de décontamination, prenant l’exemple de Vaujours. Il ne veut pas que le site se transforme en “poubelle nucléaire”. Lorsque le fort de Vaujours a fermé en 1997, le CEA a mené des opérations de dépollutions et confirmé, à coup de campagnes de mesures, qu’il n’y avait pas d’anomalie. Pourtant, là encore, les versions se contredisent.

Dans le château d’eau qui abrite son association, Jacques Kalkotourian s’empare d’un document du CEA, tamponné “diffusion restreinte”, obtenu grâce à des contacts internes. Ce document présente les étapes de la dépollution de l’ancienne zone de brûlage, en 2002. Armés de petites pelles, les démineurs déterrent les morceaux d’uranium et les mettent en sacs. Les big bag seront amenés à… Moronvilliers avant d’être transférés sur des sites de stockage de déchets radioactifs. “A chaque pelletée, ils vérifiaient le niveau de pollution. Sur cette parcelle, plus ils avançaient, plus ils trouvaient des choses. Ils ont fini par s’arrêter car la pollution était trop importante”, se remémore Jacques Kalkotourian. “Ce site est particulièrement difficile à dépolluer”, estime Bruno Chareyron, ingénieur en physique nucléaire et chef du laboratoire de la Criirad. “Il faudrait mettre en place des moyens très lourds pour y parvenir.”

Est-ce à dire que le CEA n’est pas allé jusque-là ? En 2001 et 2002, la Commission concède qu’une contamination résiduelle à l’uranium subsiste. Et précise que l’analyse n’a pu être faite qu’en surface. Des fragments d’uranium peuvent subsister dans les sols et certaines tuyauteries enterrées. De son côté, la Criirad estime que la radiotoxicité de l’uranium appauvri est minimisée. En cas d’inhalation, il présente des risques sanitaires tels les cancers du poumon, des reins et des os. Mais le CEA est formel : les riverains ne coureraient aucun risque.

30 fois au-­dessus de la norme

En 2005, le fort de Vaujours est placé sous servitudes d’utilité publique : seules des activités industrielles peuvent s’y implanter. Et déjà, la friche suscite des convoitises. Son sous-sol est composée de gypse, une roche utilisée dans la fabrication du plâtre par Placoplatre, une filiale de Saint-Gobain. En 2010, l’entreprise rachète une partie de l’ancien centre. Elle prévoit de le transformer en carrière à ciel ouvert d’ici 2020. Si le projet est encore au stade d’étude, la démolition de certains bâtiments, qui a repris en janvier, inquiète les riverains : des poussières contaminées nuisibles à la santé peuvent-­elles s’en échapper ? Joint par téléphone, le responsable développement carrière de Placoplatre assure que toutes les mesures sont prises pour protéger la population.

Dès 2011, le projet de réhabilitation de la friche est contrarié. Convaincu de la persistance des pollutions, Christophe Nédelec, du collectif Sauvons la Dhuis, entre illégalement sur le fort, de nuit, avec une autre militante. Armés d’un compteur geiger amateur, ils cherchent des traces de pollutions et, au bout de deux heures, en trouvent. Dans une casemate de tir, leur geiger s’affole : un point chaud censé être décontaminé sonne 30 fois au ­dessus de la norme. La mobilisation repart. Les expertises s’enchaînent aussi : une nouvelle fois, rien n’est trouvé. “On m’a traité de menteur, on m’a accusé de tous les noms pendant trois ans”, raconte Christophe Nédelec, amer.

En février 2014, une visite est menée sous contrôle d’huissier : Placoplatre veut clore la polémique. Cette fois, la Criirad est présente à la demande des associations. Le compteur de la Commission sonne et détecte de la radioactivité. De la poussière et des micro­fragments radioactifs tombent au sol. Branle-bas de combat politique : Michel Billout, sénateur communiste de Seine-et­-Marne, et Aline Archimbaud, sénatrice écologiste de Seine-Saint-Denis, s’emparent du dossier. Ils font appel à la ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, qui instaure une nouvelle commission de suivi de site en juin 2014.

Les réunions s’enchaînent, des associations s’estiment méprisées. Les maires de Coubron et Courtry, Ludovic Toro (UDI) et Xavier Vanderbise (LR), claquent la porte deux ans plus tard. Sans grand effet. En novembre, le préfet de Seine-et-Marne retire au maire de Courtry sa prérogative en matière d’urbanisme, le délestant du peu de pouvoir qu’il avait sur ce dossier. Le gypse est considéré comme une ressource “d’intérêt général”. Seul champ d’action restant : les subventions à la Criirad. Pour la première fois, en novembre, la Commission assiste à une réunion. Elle dénonce l’insuffisance des mesures prises pour mesurer la qualité de l’air pendant le chantier. Dans ce dossier, aussi bien politique, sanitaire, qu’économique se mène une féroce bataille d’informations et de maîtrise des savoirs. En 2015, trois associations environnementales ont porté plainte pour mise en danger de la personne. L’enquête est en cours.

Au cours d’une conversation sibylline, un ancien ­agent du Commissariat, habilité au secret défense, prévient : “Le CEA ne vous donnera pas ses billes, soit il les a perdues, soit il les a brûlées. Aucun gouvernement ne répondra car ils sont tous mouillés dans cette affaire, à droite comme à gauche.” Sollicité, le ministère de la Défense a renvoyé vers le CEA, le ministère de la Santé vers l’ARS. Le ministère de l’Environnement n’a pas donné suite à nos questions.

Emilie Jéhanno

(1) Un vote historique, début février, devrait changer la donne : les parlementaires ont supprimé la notion de risque négligeable, qui a constitué jusque-là un frein à l’indemnisation des victimes en Polynésie française. Le “risque négligeable” permettait d’introduire une dose de doutes sur le lien fait entre la maladie radio-induite et les essais nucléaires. (A lire sur cette question : les témoignages édifiants rassemblés dans le livre Les Irradiés de la République, GRIP Editions.)

  • Les prénoms ont été modifiés.

Le Collectif "Sauvons la Dhuis"

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jeudi 28 avril 2016

Fort de Vaujours - Article de Charlie Hebdo

CHARLIE HEBDO - 27/04/2016 - DÉPOTOIR ATOMIQUE PLUIE D'URANIUM SUR LE FORT DE VAUJOURS

C'est commode. Pendant des décennies, on balance de l'uranium sur des centaines d'hectares - de Vaujours à Moronvilliers - et puis on se tire. Mais cette fois, le CEA est tombé sur un satané casse-couilles. Aura-t-on bientôt droit à du plâtre radioactif ?

Même si c'est impossible à croire, je dois t'assurer, ami lecteur, que cette histoire est ravissante. Charlie en a déjà parlé en janvier 2014, mais il y a du nouveau. Soit un fort militaire situé à Vaujours (Seine-Saint-Denis), dont les 45 hectares débordent sur la Seine-et-Marne. Construit à partir de 1874 pour protéger Paris des uhlans, il a été utilisé dès 1955 par le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) pour y tripatouiller des détonateurs de bombes nucléaires. On y tire sans le moindre contrôle des projectiles à l'uranium, on patauge dans les radionucléides, et puis on donne un tour de clé, car on se barre. En 1997. Là-dessus, Placoplatre rachète, en 2010. Cette filiale de Saint-Gobain veut exploiter le gypse qui se trouve sous la colline du fort, et c'est aussitôt le merdier car un casse-bonbons inouï décide de se pointer sur le site avec un petit compteur Radiatex 15-03 à 250 euros. Après avoir ouvert une brèche à la pelle sous le grillage du site, Christophe Nédélec pénètre illégalement dans le fort au cours de la nuit du 9 mai 2011 et démontre en une heure chrono que Vaujours est un dépotoir atomique made in France. Car ça crépite, et pas qu'un peu.

OUI NE CHERCHE PAS NE TROUVE RIEN

Expertises — celle de la Criirad montre l'ampleur des pollutions —, contre-expertises, enfumages divers occupent les esprits pendant des années. Placoplatre, qui commence à regretter son bel achat, confie à Brunel, un poids lourd de la démolition, le soin de détruire casemates et bâtiments. Officiellement, depuis Une visite sur place en 2011 de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), la radioactivité autour du fort n'est pas plus élevée que le bruit de fond naturel. Retiens ça, ça va servir. Brunel installe son matos, commence à travailler et l'on va donc tout droit à la disparition des preuves. Jusqu'à la visite «inopinée» d'inspecteurs de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) le 17 décembre 2015.

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L'ASN, bien que créée par l'État, rue de temps à autre dans les brancards, et son président, Pierre-Franck Chevet, n'hésite plus à critiquer lourdement les manquements à la sécurité de base dans nos belles centrales nucléaires. Donc, visite. Et rapport. C'est du charabia, pour sûr, mais si l'on s'attarde sur l'antépénultième paragraphe de la page 3, on comprend qu'il y a lézard. Dans la casemate RX1, 14 points de contrôle sont contaminés. Par quel radionucléide ? Silence. Or on n'a cherché que sur une hauteur de 2,5 m, alors que de nombreuses casemates dépassent les huit mètres en hauteur. Encore faut-il ajouter qu'il y a au moins 300 bâtiments sur le site. Preuve s'il en était besoin de l'omniprésence des pollutions, un document contresigné par Placoplatre évoque, lui, 22 sur-faces contaminées pour le seul RX1, ce qui double presque la note. Mais l'industriel, qui parle couramment la novlangue, n'écrit pas radioactivité, mais « points singuliers».

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Par ailleurs, d'autres cadeaux cachés — de mystérieuses canalisations enterrées — commencent à apparaître. Et voici qu'on apprend que Brunei est lourdé du chantier, sans raison évidente. Peut-être — peut-être — pour avoir réclamé, devant les risques avérés du boulot, une sérieuse rallonge à Placoplatre. Comble tout provisoire, Vaujours a un frère jumeau appelé Moronvilliers, dans la Marne. Le CEA s'y est amusé de même sur 500 hectares, usant et balançant à tout-va de l'uranium, dont la bagatelle de 2,7 t se trouve tou-jours au fond de la centaine de puits. Au passage, des poussières de béryllium et de plutonium ont gentiment saupoudré les lieux. L'infernal Nédélec, qui mériterait une médaille, est toujours là. Sur la brèche. De très loin le meilleur connaisseur du dossier. La morale du CEA, de l'IRSN et de Placoplatre est limpide : qui ne cherche pas ne trouve rien. Combien de centaines de lieux contaminés par le nucléaire en France ? Ceux qui nous ont jetés dans la fournaise sont incapables de les nettoyer, pour au moins deux raisons. La première, c'est que le nucléaire, par définition — la leur —, ne saurait être un problème. La seconde, c'est qu'il n'y aura jamais assez de blé pour le faire. La foi atomique, cette faillite.

Fabrice Nicolino - Charlie HEBDO - 27/04/2016

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lundi 11 avril 2016

Le Parisien - Fort de Vaujours - le chantier de démolition à l’arrêt depuis fin janvier

Le PARISIEN - Fort de Vaujours : le chantier de démolition à l’arrêt depuis fin janvier

Grégory Plesse | 11 Avril 2016, 18h20

VaujoursPlacoBrunel2.jpg

Mais que se passe-t-il au fort de Vaujours ? Pas grand-chose depuis le 28 janvier, date à laquelle la société Brunel, engagée par Placoplâtre pour démolir les anciens bâtiments du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), rachetés en 2010, a été remerciée. Pour quelle raison ? Chez Brunel, filiale du groupe Colas, on refuse de répondre, expliquant avoir signé un « accord de confidentialité » avec Placoplâtre.

Le leader du plâtre se montre pour sa part un peu plus disert. « Nous n’étions pas satisfaits des mesures correctives apportées par ce prestataire à notre demande de régularisation d’un certain nombre de différends organisationnels et commerciaux par rapport au contrat ». En clair, Brunel, devant les procédures très strictes qui encadrent ce chantier, réalisé par ailleurs sous l’égide de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), n’a cessé de demander des rallonges financières par rapport au contrat initial, ce qui a fini par lasser Placoplatre.

COURTRY VAUJOURS Fort de Vaujours

Fort de Vaujours, le 25 mars. La base-vie de la société de démolition Brunel est toujours déployée mais l’entreprise a abandonné le chantier depuis fin janvier 2016. (LP/G.P.)

Sur le terrain, on fait encore des découvertes inquiétantes

S’il y a bien une chose dont on est sûr aujourd’hui à propos du fort de Vaujours, c’est que le site est tout sauf assaini. C’est pourtant ce qu’affirmaient tous les organismes officiels intéressés par le sujet jusqu’en… février 2014.

Des mesures contradictoires réalisées par plusieurs laboratoires avaient alors permis de mettre au jour un « point chaud » dans une casemate que l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) s’était empressée de minimiser, estimant que « ces mesures ne peuvent pas être considérées comme représentatives de l’ensemble du site ». Les dernières mesures réalisées disent plutôt le contraire. En effet, lors de la dernière commission de suivi de site, en février, Placoplatre a révélé que sur deux autres casemates, qui n’ont pas été analysées sur l’ensemble de leur surface, ce sont 26 nouveaux points singuliers qui ont été détectés.

En outre, la préfecture évoque « une canalisation horizontale reliant une chambre de tir à un puits, qui a été bouchée par du béton dans le but de fixer la contamination. Elle est identifiée par Placo et le protocole de retrait de cette canalisation est à l’étude ». Reste que cela confirme que des résidus d’uranium ont été évacués par des puits dans le sous-sol et qu’ils ont potentiellement pu contaminer les nappes phréatiques. Or, les analyses radiologiques montrent un écart très net entre les mesures prises à la source des Malades, à Courtry, et à la fosse d’Aiguisy, au nord du fort. Des différences qui « s’expliquent par des variations ou fluctuations naturelles en fonction de la pluviométrie, par exemple ».

Et ces différences, pourraient-elles s’expliquer, par exemple, par l’activité passée du fort, c’est-à-dire jusqu’en 1997 ? « Ce n’est pas à exclure », reconnaît l’ASN, qui apparaît très mal renseigné sur le site. Elle n’est ainsi pas en mesure de proposer autre chose que des hypothèses à propos de ces variations et concernant l’uranium, elle sait simplement qu’il n’y a « pas de preuve qu’il soit d’origine anthropique », sans être non plus sûr à 100 % que cet uranium soit d’origine naturelle… Malgré l’historique accablant du site, l’ASN n’estime pas nécessaire d’en savoir plus car, même si l’uranium est dix fois plus concentré à la fosse d’Aiguisy qu’à la source des Malades, « ces chiffres sont en dessous des normes fixées par l’Organisation mondiale de la Santé pour l’eau de boisson ».

Enfin, on a également retrouvé des fragments de paratonnerre contenant du radium, une substance très toxique. Dans les deux cas, l’ASN considère que ces matières sont « correctement stockées et protégées ».

Une nouvelle déconvenue pour le champion du plâtre, dont le projet controversé d’exploitation d’une carrière de gypse à ciel ouvert sur un site contaminé par de multiples pollutions pendant quarante ans qu’y ont duré les activités atomiques. Placoplâtre assure néanmoins « anticiper un redémarrage des démolitions au début de l’été » et être actuellement à la recherche d’un nouveau prestataire.

Bizarrement, une information d’une telle importance n’a pas été divulguée lors de la dernière commission de suivi de site (CSS), le 10 février dernier. « Nous avions bien déclaré que nous étions en train de reconsidérer le cadre contractuel de notre sous-traitant », se défend Placoplâtre.

Pourtant, personne d’autre au sein de cette commission ne semble s’en rappeler, ni les élus, ni les associations. Et pas même la préfecture, qui nous précise que « Placoplatre a informé officiellement les services de l’Etat postérieurement à la CSS de février 2016 ».

Cette nouvelle péripétie qui a poussé Europe Ecologie-les Verts 93 à réclamer à nouveau « l’abandon du projet et la mise en place de la création d’un comité d’expertise indépendant composé à parité d’associations et de scientifiques reconnus, financés par les pouvoirs publics et non par Placoplatre, comme c’est le cas actuellement ».

Grégory Plesse | 11 Avril 2016, 18h20

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vendredi 29 mai 2015

Fort de Vaujours / Bois Gratuel : Appel à Manifester Samedi 20 Juin 2015

Fort de Vaujours / Bois Gratuel : Appel à Manifester Samedi 20 Juin 2015

Point de ralliement : Route de Courtry 93410 Vaujours, au niveau du rond-point d’accès à la Nationale 3, Samedi 20 Juin 2015 à 14h00.

OPPOSITION TOTALE A LA DESTRUCTION DU FORT DE VAUJOURS ET DU BOIS GRATUEL

Devant le jusqu'au-boutisme de Placoplâtre et la complicité désormais flagrante de tous les services de l’Etat Français, le collectif Sauvons la Dhuis vous invite à manifester Samedi 20 Juin 2015 à 14h00, Route de Courtry 93410 Vaujours, au niveau du rond-point d’accès à la Nationale 3.

Aux portes de Paris, Placoplâtre, filiale du groupe Saint-Gobain, souhaite mettre en œuvre une carrière de plâtre à ciel ouvert sur les terres de l'ancien Fort de Vaujours. Ce site, lieu d’expérimentation des détonateurs des armes nucléaires françaises de 1951 à 1997, est contaminé à l’Uranium, très probablement au Béryllium et avec d'autres substances et matières particulièrement dangereuses dont des munitions non explosées de la seconde guerre mondiale.

Manifestation du 17 Mai 2014

Manifestation contre l'exploitation du Fort de Vaujours du 17 mai 2014

SIGNER LA PÉTITION sur le Fort de Vaujours : https://www.change.org/p/pour-la-v%C3%A9rit%C3%A9-sur-la-radioactivit%C3%A9-et-les-pollutions-du-fort-de-vaujours

Un temps suspendu, suite à une première phase ne garantissant pas la sécurité des travailleurs et des populations riveraines, les travaux de démolition des bâtiments de Fort de Vaujours doivent reprendre avec l’appui des préfectures, de l’autorité de sûreté nucléaire et du gouvernement français qui pèse de toutes ses forces sur ce dossier au détriment des élus locaux qui expriment leur indignation.

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Le Fort de Vaujours, lieu d'expérimentation des détonateurs des bombes atomiques françaises de 1951 à 1997.

L’exécution de cette première phase de démolition a fait l’objet d’une plainte, déposée fin Avril 2015 entre les mains de Monsieur le Procureur de la République de Meaux, pour mise en danger de la personne suite à des travaux de démolition accomplis, au cours de l’année 2014, sur le site du Fort de VAUJOURS, en violation d’obligations particulières de prudence ou de sécurité prévues par la loi et le règlement.

Le 2 Juillet 2014, suite à notre pétition et à la médiatisation de cette menace qui pèse sur les populations et les travailleurs, une Commission de Suivi de Site (CSS) a été mise en place à demande de la ministre de l’Environnement, Madame Ségolène Royal.

Lors de la tenue de cette commission, le 5 Mai 2015, les élus locaux n’ont été en aucune façon écoutés et le débat ainsi que les expertises contradictoires ont été bannis. Les services de l’Etat, sans communication du protocole précis de démolition par Placoplâtre, ont donné leur feu vert pour la destruction de 215 bâtiments anciennement occupés par le Commissariat à l’énergie atomique. A ce jour, le protocole n’a toujours pas été communiqué

Voir le document CRIIRAD suivant : http://criirad.org/vaujours/2015-05-04_L_asso-vaujours.pdf

Pour enfoncer le clou, à seulement quelques kilomètres du Fort de Vaujours, contre l’avis de la municipalité, des élus locaux et des populations locales, Placoplâtre exige la destruction du Bois Gratuel sur la commune de Villevaudé.

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30/03/2015 - Villevaudé - Bois Gratuel : Triton alpestre mâle (Ichthyosaura alpestris). Espéce protégée en France et particulièrement rare en Ile de France.

Traversé par l’Aqueduc et la promenade de la Dhuis et faisant partie intégrante du corridor écologique ou trame verte qui relie la Seine Saint-Denis (93) et la Seine et Marne (77), il héberge un nombre important d’espèces protégées au niveau national et régional.

SIGNER LA PÉTITION pour la préservation du Bois Gratuel: http://www.change.org/BoisGratuel

Nous vous invitons à nous rejoindre pour exiger l’arrêt immédiat de ces projets insensés qui mettent à sac les derniers milieux naturels d’Ile de France et constituent un péril pour la santé des travailleurs ainsi que celle des populations riveraines.

Le rendez-vous est fixé : Route de Courtry 93410 Vaujours, au niveau du rond-point d’accès à la Nationale 3, Samedi 20 Juin 2015 à 14h00.

Nous comptons sur vous très nombreux pour que la destruction du Fort de Vaujours cesse sur-le-champ et que ce projet surréaliste soit définitivement abandonné dans les délais les plus brefs. Nous comptons également sur vous pour nous aider le Bois Gratuel et à sauvegarder les derniers milieux naturels de l’Est Parisien menacés par l’appétit dévorant des carriers et le lobby puissant qu’ils exercent jusqu’au sommet de l’Etat français.

C'est la santé des travailleurs et des populations qui est en jeu par l'éclatement planifié de cette colline qui surplombe les villes de Vaujours, Courtry, Coubron et Villeparisis.

Nos vies et des espèces en voie d’extinction ont-elles moins de valeur que du plâtre ?

PS : Cette manifestation est avant tout une marche citoyenne et apolitique. Ainsi, nous demandons aux élus et membres de partis politiques souhaitant participer à cet événement de ne porter aucun signe distinctif et de n'envoyer aucun message à caractère politique.

Cordialement,

Le collectif SAUVONS LA DHUIS - http://sauvons.dhuis.fr

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mercredi 6 mai 2015

Le Parisien : Placoplâtre va pouvoir reprendre les démolitions au fort de Vaujours

Journal Le Parisien : Placoplâtre va pouvoir reprendre les démolitions au fort de Vaujours

Gwenael Bourdon avec G.P. | 06 Mai 2015, 19h04 | MAJ : 06 Mai 2015, 19h04

Les services de l’Etat ont donné leur feu vert à Placoplâtre pour la démolition de 215 bâtiments anciennement occupés par le Commissariat à l’énergie atomique.

C’est une nouvelle qui met en ébullition les élus et les associations. Placoplâtre va pouvoir reprendre rapidement la démolition de bâtiments dans le Fort de Vaujours. Ces travaux étaient suspendus depuis un peu moins d’un an. Le sujet est sensible : le site, à cheval sur les départements de Seine-Saint-Denis et de Seine-et-Marne, a autrefois abrité le Commissariat à l’énergie atomique qui y a réalisé des expériences en détonique nucléaire.

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En février 2014, des mesures avaient confirmé la présence, en certains points du site, de pollution radioactive. Et, quelques mois plus tard, Placoplâtre, qui souhaite y ouvrir une carrière de gypse à ciel ouvert, avait dû suspendre ses travaux de démolition.

Or, le géant du plâtre vient d’obtenir le feu vert des services de l’Etat et de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), à l’issue d’une commission de suivi qui s’est tenue mardi après-midi, en sous-préfecture du Raincy. « La société Placoplâtre s’est engagée à respecter scrupuleusement les recommandations de l’ASN et, en l’état, rien ne s’oppose à la poursuite de la démolition qui commencera par les bâtiments n’ayant jamais fait l’objet de stockage, d’utilisation ou de transit d’uranium », annonce le préfet du 93, Philippe Galli, par voie de communiqué. Il ne s’agit pour l’heure que de démolir les installations en surface, pas encore d’intervenir en sous-sol. De son côté Placoplâtre se réjouit de cette nouvelle et annonce reprendre les démolitions « dans les prochains jours ».

Publication de l'Institut de Radioportection et de Sûreté Nucléaire du 06/05/2015 : http://www.irsn.fr/FR/expertise/avis/autres-avis/Pages/Avis-IRSN-2015-00015-Vaujours.aspx

Parmi les élus présents lors de la commission de suivi, la sénatrice (Europe Ecologie) Aline Archimbaud se plaint de n’avoir eu accès « ni au rapport de l’ASN, ni au protocole de Placoplâtre ». Les discussions, décrit-elle, ont été « très dures ». « Placoplâtre met une pression terrible pour reprendre les travaux au plus vite ». Un point surtout soulève l’inquiétude. L’ASN recommandait en mars « qu’il soit fait appel à un tiers expert pour le suivi des opérations ». Mais la préfecture annonce désormais que Placoplâtre mettra en place un « dispositif d’autocontrôle », en rétribuant directement le laboratoire chargé du suivi.

« On est bien en présence d’un site pollué. Qu’on démolisse avec toutes les précautions nécessaires, pourquoi pas ? Mais nommer un tiers expert payé par Placoplâtre me semble difficilement acceptable ! », réagit Ludovic Toro, maire UDI de Coubron, qui va écrire aux ministres de la Santé et de l’Ecologie. « Nous avons exigé la mise en place d’une expertise indépendante, mais l’ASN et le préfet nous ont répondu qu’il n’y avait pas de budget. Or, pour nous, c’est une condition non négociable », indique Aline Archimbaud, qui s’apprête, elle aussi,, avec le sénateur (PCF) Michelle Billout, à interpeller Ségolène Royal.

Le collectif « Sauvons la Dhuis », qui ne siège pas à la commission mais vient de déposer une plainte pour mise en danger de la vie d’autrui pour des démolitions intervenues l’an dernier, est atterré. « Nous allons relancer la mobilisation et appeler à manifester », prévient Christophe Nédélec, à l’origine d’une pétition réclamant « la vérité sur le fort de Vaujours » qui a recueilli plus de 130 000 signatures.

« La gestion de ce dossier est particulièrement inacceptable »

Sollicitée par certaines associations pour venir à la commission de suivi mardi, la Criirad (Commission de recherches et d’information indépendantes sur la radioactivité) avait finalement décliné l’invitation, expliquant que, faute d’avoir pu accéder en amont au protocole soumis par Placoplâtre à l’ASN, il n’était « pas possible de porter un regard critique sur le projet ».

Voir le document CRIIRAD suivant : http://criirad.org/vaujours/2015-05-04_L_asso-vaujours.pdf

Au lendemain de cette commission de suivi de site, le chef du laboratoire de la Criirad, Bruno Chareyron, regrette que « la réalité nous donne raison ». « Nous avons l’habitude de ces commissions de suivi qui sont davantage des chambres d’enregistrement que de véritables lieux de débat et de contre-expertise », poursuit le scientifique, qui estime que « la gestion du dossier du fort de Vaujours est particulièrement inacceptable ».

« Depuis le début, les experts mandatés par l’Etat ou Placoplâtre concluent à l’absence de contamination radioactive, alors qu’elle est avérée. »

L’ingénieur, qui trouve également aberrant qu’on « saucissonne les travaux de surface et en sous-sol, qu’on sépare la radioactivité des autres pollutions alors que le problème devrait être traité globalement », a « le sentiment que les choses sont jouées d’avance. Il y a de quoi être choqué et inquiet ». Cordialement,

Le collectif SAUVONS LA DHUIS - http://sauvons.dhuis.fr

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lundi 19 mai 2014

Fort de Vaujours : 500 manifestants contre la carrière au fort de Vaujours

Article du Parisien en date du 19 Mai 2014 :

500 manifestants contre la carrière au fort de Vaujours

A l'appel de l'association Sauvons la Dhuis et d'EELV 93, 500 manifestants ont réclamé l'arrêt des démolitions engagées par Placoplâtre.

« Casse-toi, placo ! », pouvait-on lire samedi sur les pancartes des manifestants massés devant l'usine Placoplatre. Près de 500 personnes s'étaient donné rendez-vous pour demander l'arrêt du chantier de démolition engagé par le géant du plâtre au fort de Vaujours. Ancien centre d'expérimentation du Commissariat à l'énergie atomique (CEA), le site, qui a fermé en 1997 après quarante ans d'essais de détonique à l'uranium, montre une radioactivité anormale dénoncée depuis 2001 par les associations locales et la Criirad (Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité).

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Propriétaire de 40 ha de ce site classifié pollué par le ministère de l'Environnement et frappé d'une servitude d'utilité publique par la préfecture depuis 2005, Placoplatre a déjà démoli quelque 26 bâtiments. Lundi dernier, l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire a publié sur son site une note d'information dans laquelle le protocole de démolition établi par Placo est jugé « insuffisant ».

« Nous nous battons depuis des années pour que la pollution du site à l'uranium, mais aussi à d'autres substances hautement toxiques, soit reconnue par le CEA, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et Placo, a rappelé au micro Christophe Nédelec, de l'association Sauvons la Dhuis. En 2011, nous avons effectué nous-mêmes des mesures et, en deux heures et de nuit, nous avons trouvé des points chauds radioactifs à plus de trente fois la norme ! Ce qu'a fini par confirmer l'ASN le 25 février dernier, après que tous les acteurs nous ont traités d'affabulateurs ! Aujourd'hui nous demandons l'arrêt du chantier de démolition engagé en catimini par Placo, qui n'a même pas attendu l'avis de l'ASN sur son protocole ! »

En première ligne de la manifestation, la sénatrice (EELV) de Seine-Saint-Denis, Aline Archimbaud, a rappelé son engagement à organiser une réunion de travail avec la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, avant l'été. Mais elle a surtout demandé un moratoire et « l'arrêt de la démolition avant que des études indépendantes soient réalisées sur l'ensemble du site ».

Le candidat aux européennes et ex-secrétaire national EELV, Pascal Durand, s'est, de son côté, engagé à aider à « faire stopper la démolition devant les tribunaux ». « La logique de Placo est celle du fait accompli, alors que l'on sait maintenant officiellement que le site est pollué, c'est indécent ! ».

Présent hier, le maire (DVD) de Courtry, Xavier Vanderbise, également vice-président de Marne et Chantereine, propriétaire d'une partie du fort, a assuré « qu'aucuns travaux ne seraient engagés par la communauté de communes avant que des études soient faites ! » « Je me suis rendu sur le chantier et les conditions de travail ne m'ont pas satisfait. Je vais demander au plus vite un rapport de l'inspection ! », a déclaré l'élu après avoir appelé à une éventuelle nouvelle mobilisation. « Il faudra se rendre à la préfecture et chez Placo en semaine pour faire barrage ! »

A ses côtés, dans le cortège, Grégory Jurado, conseiller municipal d'opposition Front de gauche, a demandé au maire de Courtry « de faire stopper la démolition par tous les moyens, notamment en utilisant son pouvoir de police ». Une solution qui était sur toutes les lèvres dans les rangs des manifestants.

Des « espions » dans les rangs

Si le ton de la manifestation était plutôt calme samedi, un épisode a montré que les manifestants pouvaient aussi montrer les dents. Eric Flamant, chargé de mission pour Placo, faisait partie du cortège. En « civil », c'est-à-dire sans le costume qu'il porte habituellement, celui qui est présenté comme un consultant par BPB Placo s'est fait huer par les manifestants qui l'ont accusé d'être « un espion infiltré », avant d'être obligé de quitter la manifestation. Certains ont même affirmé l'avoir vu « renseigner la police en donnant les noms des meneurs de la manifestation ». « Il a osé dire que les travaux de démolition n'entraîneraient pas l'exploitation de la carrière ! », a déclaré Didier Delperoux, d'EELV 93.

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Sur Internet circule une vidéo qui montre Eric Flamant lors d'une réunion d'information chez un membre de l'opposition à Vaujours (Seine-Saint-Denis), José Da Silva. Il y déclarait alors en 2012 : « S'il y a un risque, ce sont nos ouvriers qui le prendront ! » Une sortie qui n'avait, à l'époque, pas échappé aux militants. D'autres intrus ont été aperçus durant la manifestation, écoutant les conversations et les entretiens privés des journalistes.

A l'issue du mouvement, Placoplatre a diffusé un communiqué assurant que « le projet d'exploitation est à un stade d'études jusqu'à fin 2015, qu'il sera soumis à autorisation préfectorale sur tous ses aspects : techniques, environnementaux et sanitaires ». Le géant du plâtre s'est également réjoui de l'éventualité d'une prochaine concertation constructive avec Ségolène Royal.

Marion Kremp | 19 mai 2014, 07h00

jeudi 13 mars 2014

Fort de Vaujours : Reportage d'Actu-Environnement réalisé par Marie Jo Sader

Contamination radioactive aux portes de Paris : mythe ou réalité ?

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Lien vers le reportage vidéo sur le site d'Actu-Environnement : http://www.actu-environnement.com/ae/news/polemique-contamination-radioactive-fort-vaujours-21039.php4

Le Reportage Vidéo :

L'article associé au reportage Vidéo :

La polémique enfle sur la friche industrielle du Fort de Vaujours, anciennement exploitée par le CEA pour des recherches sur les armes nucléaires. Le taux élevé de décès chez les riverains du fait de tumeurs inquiète, tandis qu'un projet d'exploitation du gypse du sous-sol se profile.

Dix-sept ans que l'ancien centre atomique de Vaujours (départements 77 et 93) n'est plus qu'une friche industrielle et pourtant son passé militaire n'a pas fini de resurgir. En cause notamment : des pollutions radioactives générées par quarante années d'activités du CEA. Quarante années durant lesquelles le Commissariat à l'Energie Atomique va tester sur cette zone des sphères atomiques factices à l'uranium appauvri utiles au développement d'armes nucléaires.

Quels risques pour les riverains ?

Situé entre la Seine-et-Marne (77) et la Seine-Saint-Denis (93), ce site est-il aujourd'hui contaminé ? Et présente-t-il un risque sanitaire pour les riverains ? Une étude sur le taux de décès par tumeur dans la commune avoisinante de Courtry (77) interpelle : 55% pour les hommes, 49 % pour les femmes. Des pathologies thyroïdiennes seraient en constante augmentation selon Ludovic Toro, médecin sur la ville voisine de Coubron. Dès lors, le collectif "Sauvons la Dhuis" organise la mobilisation. En début d'année, une pétition circule. Elle sera suivie d'une manifestation rassemblant riverains, associations et élus au nom de la vérité sur l'état du site de Vaujours.

Mais l'Agence régionale de santé (ARS) d'Ile-de-France relativise ces chiffres qui, selon elle, ont été sortis de leur contexte. L'ARS fera également remarquer qu'il n'existe pas de lien entre le contact avec l'uranium appauvri et les pathologies de la thyroïde. Mais le site a-t-il été correctement dépollué ?

Débat autour de la contamination radioactive

Depuis que le CEA l'a quitté en 97, la procédure de dépollution ne va cesser d'être remise en question par des allées et venues d'experts sur le terrain. Notamment la Criirad, seul laboratoire indépendant, qui depuis sa première expertise en 2001, ne va cesser de clamer que le fort de Vaujours est toujours pollué.

Mais si ce site fait autant parler de lui aujourd'hui c'est en raison du projet de la société Placoplatre de creuser sous le fort une carrière à ciel ouvert. En effet l'ex-centre du CEA est situé sur un important gisement de gypse. En 2010, "Placo" a acquis 45 hectares du site pour étendre son exploitation alors que son usine à Vaujours est déjà le premier complexe plâtrier mondial.

Ce chantier est-il risqué ? Des poussières radioactives pourraient-elles être remises en suspension et ingérées ou inhalées ?

Le 25 février dernier, une nouvelle expertise est menée sur le fort en présence de trois organismes différents dont la Criirad et l'IRSN, organisme mandaté par l'Etat pour encadrer Placoplatre dans ses travaux. Sur place les experts se sont montrés en désaccords. La Criirad va mesurer sur un point une radioactivité 70 fois supérieure au bruit naturel tandis que l'IRSN refuse de confirmer ces résultats.

De son côté, Placoplatre assure vouloir respecter les servitudes dont le site fait l'objet depuis 2005 et qui préconisent des mesures précises si des pollutions étaient détectées sur le terrain. Mais comment faire confiance à ce projet lorsque l'organisme chargé de surveiller Placoplatre ne constate pas de pollutions significatives sur le site contrairement aux affirmations de la Criirad ?

Une chose est sûre, élus et associations restent divisés sur le destin du fort. Si certains brandissent le danger que peut représenter un tel chantier, d'autres estiment que le site, probablement encore pollué, ne peut plus être laissé à l'abandon et à la merci des ferrailleurs…

Marie Jo Sader

samedi 25 janvier 2014

Journal POLITIS : Le fort de Vaujours miné par l’atome

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POLITIS : Le fort de Vaujours miné par l’atome

En région parisienne, un ancien site d’expérimentations nucléaires est l’objet d’une bataille entre l’entreprise BPB Placo, qui souhaite en faire une mine à ciel ouvert, et un collectif d’associations, qui affirme que les lieux ont subi une pollution radioactive.

Article paru dans Politis n° 1287

Voilà plus de dix ans que l’avenir du fort de Vaujours, à cheval entre la Seine-et-Marne et la Seine-Saint-Denis, est sujet à polémique. Aujourd’hui, le collectif Sauvons la Dhuis sonne l’alarme : trop d’incertitudes entourent le site, et la mine de plâtre qui devrait le remplacer constitue un danger. Construit en 1876, le bâtiment a été la propriété du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) de 1951 à 1997. L’organisme y réalisait des expériences pyrotechniques pour développer des détonateurs de bombes atomiques. Il utilisait de l’uranium appauvri qui, d’après les témoignages d’anciens employés, atterrissait parfois à plusieurs centaines de mètres de là.

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Fronton du Fort de Vaujours

En 1997, le CEA quitte les lieux et commence à nettoyer le site. Quatre ans plus tard, lors d’une campagne de mesures à la demande de plusieurs associations, la Commission de recherche et d’investigation indépendantes sur la radioactivité (Criirad), créée à la suite de la catastrophe de Tchernobyl, est autorisée à faire des relevés sur le site. Plusieurs zones radioactives sont détectées. « À l’époque, le CEA a reconnu avoir bétonné des zones trop contaminées pour être nettoyées », se souvient Bruno Chareyron, responsable du laboratoire de la Criirad. Le CEA poursuit son assainissement. « Seulement 1 000 mètres carrés sur 45 hectares !, déplore Christophe Nédélec, du collectif Sauvons la Dhuis.

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Nettoyer correctement le site coûterait très cher. » D’après Jérôme Joly, directeur général adjoint de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), le nettoyage a été fait dans des zones ciblées, ce qui, « sur le principe, ne le choque pas ». En 2005, la préfecture décide de frapper le site de servitudes pour encadrer l’exploitation du terrain : « Les terres issues de travaux de terrassement, construction ou modification du terrain doivent être stockées sur le site même. » Son utilisation pour un usage résidentiel ou recevant du public est interdite, et tous les travaux devront être contrôlés par l’IRSN.

Des servitudes qui seraient un simple « principe de précaution » pour Xavier Clément, porte-parole du CEA. « Les diverses commissions et services de l’État avaient de toute façon établi qu’il n’y avait plus d’impact radiologique sur le site », précise-t-il. En 2010, la société BPB Placo, qui possède déjà l’usine de plâtre voisine (l’une des plus grandes d’Europe), rachète les trois quarts du site. Elle souhaite détruire le bâtiment et installer une mine de gypse (le principal composant du plâtre) à ciel ouvert. Les associations s’inquiètent de nouveau : le site a-t-il été bien nettoyé ? Sans autorisation, le collectif Sauvons la Dhuis parvient à faire des mesures. « Nous sommes allés sur les points chauds identifiés par la Criirad. Notre appareil, un Radex, indiquait une valeur environ 30 fois supérieure au niveau naturel », raconte Christophe Nédélec. Au même moment, BPB Placo commence ses prospections en concertation avec l’IRSN. « On a recherché des traces d’uranium, mais on n’a rien trouvé », raconte Gilles Bouchet, responsable du développement des carrières à BPB Placo. L’Autorité de sûreté nucléaire (ARN) donne son aval.

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Entre les rapports officiels des organismes publics et les résultats d’une expertise citoyenne, où se niche la vérité ? Dès qu’il s’agit d’atome, la méfiance est de mise. Mais BPB Placo défend son travail. « Nous contestons les mesures du collectif, réagit Gilles Bouchet. L’IRSN a mesuré deux fois ces points, de façon publique, et je pense qu’il est difficile de mettre en doute ses compétences. » L’IRSN a réalisé deux types de mesures : elle a d’abord recherché des rayonnements puis analysé des prélèvements. Une méthode « très sensible » selon Jérôme Joly. De son côté, Bruno Chareyron estime que « le Radex est relativement performant pour détecter l’uranium.

C’est une matière très difficile à détecter, il faut vraiment être à l’endroit exact de la présence d’uranium, et qu’il ne soit pas recouvert de terre. Les résultats des recherches du collectif doivent être pris en compte ». Depuis 2010, et malgré les doutes, la société BPB Placo a continué ses prospections, et les villes alentour ont voté la modification de leur plan d’urbanisation pour y intégrer le futur chantier. « Ici c’est “placoland” !, s’insurge Christophe Nédélec. Le lobby est très puissant. On nie l’évidence de la présence de radioactivité, sinon l’exploitation du site ne serait plus rentable. Tout le monde flippe pour l’économie, pour l’immobilier. »

Depuis le 6 janvier, la bataille a pris un tournant. Le collectif a lancé une pétition dans laquelle il demande à la préfecture une nouvelle étude indépendante et la mise en place d’une enquête parlementaire. Quinze jours après sa mise en ligne, elle a déjà recueilli 80 000 signatures. Christophe Nédélec a tourné une dizaine de vidéos pour permettre aux internautes de comprendre ce dossier complexe. Plusieurs médias ont relayé l’information, notamment le Parisien. Dans ses pages, des témoignages troublants : un ancien du CEA dit avoir manipulé des produits radioactifs sans précautions, un sous-traitant déclare avoir été exposé à la radioactivité, ce qui expliquerait son cancer de la thyroïde. « Nous avons toujours appliqué la loi et nous avions des délégués du personnel qui auraient signalé tout problème », commente Xavier Clément, du CEA. « Dans la pétition, il est dit que nous allons demander la levée des servitudes, ce qui est faux, précise Gilles Bouchet. Nous savons creuser des mines et, à Vaujours, nous ne déplacerons pas la terre autre part que là où c’est autorisé. » L’entreprise, qui désire répondre aux signataires, souhaite l’organisation d’une réunion publique.

Elle prévoit aussi de créer un centre d’information sur les travaux. « Nous nous conformerons à ce que nous demande l’État, et voulons prendre en compte les remarques de la Criirad pour lever toutes les incertitudes », assure le responsable de BPB Placo. Pour lui, il n’est pas question d’exposer qui que ce soit à un danger radioactif. Et les supposées parties contaminées puis bétonnées, que deviendront-elles ? « Si quelqu’un devait démonter les bâtiments, ces zones bétonnées le seraient sous le contrôle radiologique de l’IRSN », répond Xavier Clément. Un dernier élément vient ajouter aux inquiétudes : les résultats d’une étude sur la santé des habitants de Courtry, la ville voisine.

Réalisée en 2012, elle révèle des taux très élevés de décès dus à des tumeurs : 16 points de plus que la moyenne de Seine-et-Marne pour les hommes, 23 de plus pour les femmes. Des chiffres qui viennent s’ajouter aux constatations de médecins : le nombre de cancers de la thyroïde et de dérèglements hormonaux dans le voisinage serait anormalement élevé. « Ça ne peut pas avoir de lien avec la radioactivité, explique Jérôme Joly, de l’IRSN, puisque c’est l’iode qui provoque ce type de maladies, et non l’uranium dans l’état dans lequel il était utilisé ici. »

En réaction à ces résultats et à la crainte grandissante de la population, la communauté d’agglomération Marne et Chantereine, propriétaire du reste du fort, et qui prévoyait d’y installer une zone d’activité logistique, demande à l’Agence régionale de santé qu’une étude soit menée « pour lever toute incertitude et apporter des éléments de réponse ». BPB Placo espère malgré tout pouvoir commencer ses travaux en 2016. Elle promet que la friche industrielle deviendra bientôt une zone de verdure sur laquelle chacun pourra venir se promener. Quant au collectif, il souhaite se battre jusqu’au bout : « On va organiser des manifestations. On ne va pas s’arrêter. C’est la vie des gens qui est en jeu ! », conclut Christophe Nédélec.

vendredi 17 janvier 2014

Le Fort de Vaujours s'invite à France 3

La rédaction de France en région Ile de France, en date du 16/01/2014 a décidé de faire sa une avec le Fort de Vaujours. Voici donc un extrait du JT diffusé au 19/20 ainsi que dans l'édition du Soir.

mercredi 15 janvier 2014

Fort de Vaujours : 2 anciens employés du CEA font des révélations dans la presse

Devant l'ampleur de notre pétition de, les langues se délient. Ainsi 2 anciens du Commissariat à l'Energie Atomique font des révélations très inquiétantes dans un article du Parisien.

Quelles matières radioactives ont été enfouies dans des fosses sur le Fort de Vaujours, au point qu'il fallait s'en approcher en scaphandre ?

Ils confirment et renforcent la pétition en ligne depuis 9 jours qui a déjà recueilli plus de 37000 signatures.

SIGNER LA PÉTITION EN LIGNE SUR CHANGE.ORG A L'ADRESSE SUIVANTE : http://www.change.org/FortdeVaujours

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Lien vers chaine Youtube : Fort de Vaujours : Dormez braves gens http://www.youtube.com/playlist?list=PLDE726612A5FF3D55

« Je suis en procès contre le CEA »

Jean-Claude Antiga, 55 ans, a travaillé vingt ans au Commissariat à l’énergie atomique, au fort de Vaujours

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Aujourd’hui chef d’entreprise dans le bâtiment, Jean-Claude Antiga a travaillé de 1977 à 1997 au Commissariat à l’énergie atomique (CEA). « Je travaillais d’abord comme peintre puis, plus tard, j’ai créé mon entreprise et travaillé pour le CEA en tant que métreur. »

Il confirme qu’à l’époque, les ouvriers ne portaient aucune protection particulière, dans l’insouciance générale. « Au niveau du fort central (NDLR : où a été réalisé l’essentiel des tirs), il y avait un certain nombre d’arbres fruitiers et de champignons. Régulièrement, les employés venaient se servir et les rapportaient chez eux pour les manger. Et personne ne leur a jamais interdit de le faire ».

Idem pour ces employés qui « récupéraient la boue de la station d’épuration du CEA pour s’en servir d’engrais dans leurs jardins. Il y en a même qui se vantaient d’obtenir de beaux légumes! De la radioactivité, dans le coin, tout le monde en a mangé. »

S’il raconte avoir « nettoyé au Kärcher et en simple bleu de travail les casemates des tirs » et être intervenu en tant que peintre dans un certain nombre de zones classées « rouge », un souvenir l’a marqué plus que les autres. « Un jour, on m’a demandé d’aller repeindre une barrière qui entourait une grande fosse. Au fond, il y avait un conteneur rempli de matériaux radioactifs. Comme il y avait un sas pour y accéder, j’ai demandé à un ingénieur s’il fallait que je prenne des précautions particulières. Il m’a dit : Non, c’est seulement pour nous car il nous arrive de passer beaucoup de temps à l’intérieur ». J’ai donc commencé à peindre et au bout d’un moment, deux types équipés d’un scaphandre sont apparus et m’ont fait signe de sortir de là tout de suite. Ensuite, ils ont enguirlandé l’ingénieur qui m’avait laissé entrer sans protection puis ils m’ont dit : Nous, on est déjà foutus, on est irradiés mais vous, dépêchez-vous de sortir de là. »

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L’événement ne lui reviendra en tête que vingt ans plus tard, en 2001, quand on lui diagnostique un cancer de la thyroïde. « Mon médecin m’a d’abord expliqué que cette forme de cancer était rare chez l’homme, à moins d’être exposé à de la radioactivité. Quand je lui ai dit que j’avais travaillé vingt ans au CEA, il a fait le lien tout de suite. Et ses doutes ont ensuite été confirmés par des analyses médicales, puisqu’on a retrouvé de la radioactivité dans mon sang et dans ma moelle épinière. »

Cela fait maintenant plus de dix ans que Jean-Claude se bat contre le CEA pour faire reconnaître sa maladie comme étant d’origine professionnelle. « Au début, ils m’ont proposé de l’argent pour que j’abandonne mes poursuites. Comme j’ai refusé, ils ont ensuite nié que j’avais travaillé sur le site. » Ces premières embûches franchies, Jean-Claude attend que la justice se prononce sur le fond.

« Les poussières radioactives partaient directement dans l’atmosphère »

Un ancien responsable des applications militaires au CEA de Vaujours

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Il a travaillé près de dix ans au fort de Vaujours et prévient d’entrée de jeu : « Je ne cracherai pas dans la soupe ». Cet ancien de la direction des applications militaires se dit « fier » de son parcours professionnel et d’avoir participé au développement du nucléaire militaire français. Mais il veut quand même raconter ce qui s’y passait alors. « Les précautions prises à l’époque par le CEA ne sont pas celles d’aujourd’hui. Par exemple, les employés du site ne portaient aucune protection particulière (masque, gants…). Aujourd’hui, si un ouvrier intervient en zone irradiée, il travaille dix minutes puis doit faire une pause de deux heures. Mais dans les années 1960, les décontamineurs travaillaient six à huit heures d’affilée par jour. »

Notre témoin rappelle aussi que quand il était en activité, le CEA a fait réaliser « de nombreux tirs dans les casemates. Il est évident qu’elles sont toujours contaminées ». Par ailleurs, une bonne partie des activités du CEA étant classées « secret défense », « nous réalisions des essais avec des explosifs dont on ne connaissait même pas la composition ». Quant à la décontamination, elle était minimale. « Après les tirs, on allumait la ventilation dans les casemates et les poussières radioactives partaient directement dans l’atmosphère ». Quand l’armée a quitté les lieux, « le site a été nettoyé de la façon la plus stricte, c’est-à-dire uniquement au niveau des points chauds répertoriés par la Criirad », dans le respect des normes françaises. Des normes qu’il estime aujourd’hui « trop légères ».

Articles complémentaires du Parisien :

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vendredi 10 mai 2013

DHUIS - Fort de Vaujours : Article du Parisien du 09-05-2013

COURTRY

Le dernier conseil municipal vote à l’unanimité la révision du PLU

Un bois bientôt déclassé pour la future carrière de gypse

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"La société plâtrière sollicite la collectivité pour qu’elle fasse évoluer son PLU (Plan local d’urbanisme) de manière à permettre la réalisation de son projet d’exploitation."

Cette annonce est extraite de la délibération votée à l’unanimité par le conseil municipal de Courtry du 4 avril. Le maire (PS) Jean-Luc Pilard et les élus ont accepté de réviser le PLU concernant une parcelle classée en espace naturel boisé, qui jouxte le Fort de Vaujours où BPB Placo a pour projet de développer une carrière de gypse à ciel ouvert.

Propriétaire de 33 ha sur l’ancien site du Centre de recherche atomique, « BPB Placo devrait déposer une demande d’autorisation d’exploitation en préfecture avant 2015 », avait déclaré Philippe Cortial, directeur des mines et carrières du groupe en février. Située au nord du Fort de Vaujours, la parcelle concernée par la modification du PLUest un espace boisé classé. « Une grande partie n’est déjà plus un bois mais une zone de pâturage », se défend lemaire qui promet une compensation « gagnante » puisque « la zone non boisée sera également compensée sur une autre parcelle de la commune, où seront plantés des arbres ».

Un risque sanitaire majeur selon des associations

«Nous modifions le PLU à la demande de Placo, sinon, nous ne l’aurions pas fait, cela représente beaucoup de travail pour nos services », ajoute l’édile qui assure « que cela se soldera par une enquête publique d’ici septembre ».

« Depuis quand des entreprises dictent aux communes leur plan local d’urbanisme ? Courtry n’a même pas attendu le dépôt officiel de demande d’exploitation et le résultat de l’enquête publique qui doit en découler. C’est antidémocratique et irresponsable », dénonce Christophe Nedelec du collectif d’associations protectrices de l’environnement « Sauvons la Dhuis ». Il demande « la mise en place d’une véritable concertation associée à une enquête publique approfondie ».

Le collectif alerte surtout sur le risque sanitaire majeur lié aux anciennes activités du site. Construit en 1883, le fort souterrain a servi de dépôt de munitions à l’armée allemande, avant d’être le théâtre d’opérations de déminage pour enfin être investi par le CEA en 1955.

Le collectif, tout comme la Criirad, laboratoire indépendant de mesure de la radioactivité alertent sur la dangerosité d’une carrière à ciel ouvert sur un « site hautement pollué par des matières radioactives, pyrotechniques et chimiques ».

La préfecture de Seine-et-Marne avait frappé le Fort d’une servitude d’utilité publique en 2005, qui impose que les terres du site ne doivent pas en sortir et interdit la présence d’habitations, d’école ou la culture des terres.

MARION KREMP

jeudi 21 février 2013

Dhuis et Fort de Vaujours : Placo veut creuser sous l'ancien site atomique (Le Parisien)

Alerté par le communiqué officiel du collectif Sauvons la Dhuis sur le devenir du fort de vaujours (cliquez ici pour le lire), le journal Le Parisien a publié ce jour l'article suivant :

Placo veut creuser sous l’ancien site atomique

Pour alimenter son usine de Vaujours (93), Placo projette d’ouvrir une carrière de gypse à la place du fort de Vaujours, ex-site du CEA, à Courtry.

Marion Kremp | Publié le 21.02.2013, 04h15

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BPB Placo envisage de stocker la terre de surface, réputée contaminée, du fort de Vaujours dans la fosse d’Eguisy. Le tout à proximité de la Dhuis, la rivière qui longe le site.

La route stratégique enlace, sinueuse, le fort de Vaujours, à Courtry. Derrière les hauts grillages barbelés, les stores rouges des baraquements délabrés battent au vent tandis que le château d’eau surplombe toujours la forteresse abandonnée. Bientôt, les vestiges du fort souterrain construit il y a cent trente ans et qui a servi de centre de recherche au Commissariat à l’énergie atomique (CEA) pourraient bien n’être plus qu’un gigantesque trou.

La société BPB Placo, ex-Placoplâtre, filiale du géant Saint-Gobain, a acheté 33 ha du terrain et projette d’y développer une carrière de gypse à ciel ouvert. Le collectif d’associations protectrices de l’environnement Sauvons la Dhuis — du nom de la rivière qui serpente le long du site — alerte sur son site Internet sur la suspicion de contamination radioactive résiduelle et chimique due aux activités du CEA.

La Criirad, laboratoire indépendant de mesure de la radioactivité, avait relevé en 2001-2002 des contaminations en uranium 238. Le CEA s’était engagé à décontaminer. « Tout n’a pas pu être analysé et l’uranium appauvri recouvert de quelques centimètres de terre n’est pas détectable », rappelle Bruno Chareyron, responsable du laboratoire de la Criirad, qui va plus loin et souligne que « le CEA a reconnu que certains ouvrages n’ayant pu être décontaminés ont été noyés dans le béton ». A ce jour, le CEA, considérant qu’il n’est plus propriétaire, n’a pas souhaité répondre à nos questions. Christophe Nedelec, du collectif Sauvons la Dhuis, a lui-même réalisé des mesures en 2011 : « J’ai relevé 3 uSV/heures (le sievert mesure l’effet chez l’homme du rayonnement ionisant), ce qui est trente fois supérieur au niveau naturel sur un point qui est censé avoir été décontaminé. » Sauvons la Dhuis et la Criirad ont ainsi demandé à réaliser de nouvelles mesures, ce que refuserait BPB Placo.

« Comment BPB Placo va pouvoir s’assurer que les trois millions de mètres cubes de terre qui seront retirés du fort ne présentent pas de risque? C’est un travail d’analyse à la petite cuillère qu’il faut réaliser avec rigueur, pas à coup de pelle mécanique, nous ne sommes pas sûrs que, dans de telles conditions, le projet soit toujours rentable pour BPB Placo, ce qui nous laisse penser que ce ne sera pas fait correctement », impute Christophe Nedelec, qui pointe sur une carte une ancienne carrière qui jouxte le fort. « C’est la fosse d’Eguisy où BPB Placo projette de déplacer la terre, or elle ne fait pas partie du site sur lequel repose la servitude », souligne le militant.

Pourtant, à entendre le directeur des mines et carrières de BPB Placo, Philippe Cortial, le projet ne semble pas menacé, au contraire. Déclaré d’intérêt national, le gypse pourrait bien l’emporter sur le principe de précaution. « Cette carrière à elle seule pourra approvisionner notre usine de Vaujours durant quinze ans. Nous allons évidemment travailler avec l’aide d’experts et même si nous gardons à l’idée le pire scénario qui serait de trouver de la radioactivité, à ce jour nous n’avons rien qui le laisse supposer », assure le directeur qui compte déposer une demande d’autorisation d’exploitation en préfecture avant 2015.

La préfecture rappelle d’ailleurs d’elle-même que le gisement est estimé de 8 à 10 millions de tonnes de gypse. « La servitude prévoit la possibilité d’une ouverture de carrière, tous les sujets liés à l’ancienne utilisation du site et à ses conséquences figureront dans l’étude d’impact à laquelle BPB Placo procède actuelle- ment », déclarent, laconiques, les services de la préfecture.

Le Parisien

Une ancienne zone militaire et atomique dont la terre est contaminée

M.K. | Publié le 21.02.2013, 04h11

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Fort de Vaujours, le 12 février. Depuis 1997, l’ex-site du CEA est à l’abandon. | (LP/M.K.)

Construit en 1883, après la défaite de 1870 face aux armées prussiennes, le fort de Vaujours, situé sur les communes de Courtry et de Coubron (Seine-Saint-Denis), a tour à tour été un dépôt de munitions de l’armée allemande en 1944, le théâtre d’opérations de déminage, d’essais pyrotechniques et d’expérimentations atomiques à partir de 1955.

C’est là notamment qu’a été développé le détonateur de la première bombe atomique française, Gerboise bleue.

Lorsque le CEA a cessé ses activités, en 1997, et après enquête publique, la préfecture de Seine-et-Marne a frappé le site en 2005 d’une servitude d’utilité publique qui impose que la terre qu’il contient ne doit pas sortir du périmètre défini. La fiche Basol du ministère de l’Ecologie, qui recense les sites pollués, mentionne que le fort de Vaujours « présente une contamination résiduelle par des substances radioactives (uranium) et pyrotechniques (munitions enterrées et particules explosives) ».

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jeudi 27 décembre 2012

DHUIS - brève du Parisien : Les écologistes contre la carrière à ciel ouvert

VILLEVAUDE. Le collectif Sauvons la Dhuis, inquiet d’un nouveau projet de construction de carrière à ciel ouvert dans le bois Gratuel, à Villevaudé, a reçu le soutien des élus Europe Ecologie-les Verts (EELV) du Conseil de Paris et de Seine-Saint-Denis.

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(LP/C.B.)

Les écolos parisiens renouvellent leur soutien au « courageux collectif » dans son combat contre la société Placoplatre, dont le projet de carrière vise à alimenter son usine de Vaujours (93).

Un soutien réitéré par EELV 93, qui « demande aux acteurs publics et privés concernés de réfléchir sérieusement à la conversion, écologique et soutenable, de la filière plâtre (...) afin de garantir une activité économique aux plus de 450 employés de l’usine de Vaujours pour les vingt prochaines années ».

Publié le 27.12.2012, 07h00

mercredi 19 décembre 2012

DHUIS - Article de La Marne : Deux projets de Placo creusent à nouveau l'inquiétude

Deux projets de Placo creusent à nouveau l'inquiétude

Après la réunion de la commission locale de concertation et de surveillance (CLCS) par les sous-préfets du 77 et 93, le collectif « Sauvons la Dhuys » exprime sa colère suite aux projets de Placoplatre sur Villevaudé et Vaujours- Courtry.

Explications de Marie-Françoise Pian, porte-parole du collectif.

Suite à votre mobilisation, la mairie de Paris a renoncé, en mai dernier, à céder un tronçon de la Dhuys (4,7 km) à Placoplatre, au grand soulagement des neuf associations fédérées par votre collectif. Pourquoi ce nouveau mécontentement ?

Marie-Françoise Pian :

Placoplatre, premier exploitant de gypse en France, n'a pas dit son dernier mot. D'autres projets sont dans ses cartons, dont celui de la destruction du bois Gratuel sur Villevaudé, à l'intersection de la 034 et 0105. Ce bois est traversé par l'aqueduc et la promenade de la Dhuys qui font partie intégrante du corridor écologique, cette trame verte qui relie les départements du 93 et du 77.

Que reprochez-vous au projet ?

Placo a présenté son projet 'd' exploitation à ciel ouvert du bois Gratuel dont il est propriétaire, ce qui aboutira à détruire la majeure partie du bois débouchant sur la promenade de la Dhuys. Or, ce bois possède un réseau important de mares naturelles abritant un grand nombre d'espèces protégées. De plus. le projet est contraire aux normes liées au périmètre de protection de ce bien reconnu d'utilité publique qu'est la Dhuys, car il doit laisser des bandes de protection sanitaires de 40 mètres de large de part et d'autre de son emprise.

Que comptez-vous faire ?

La demande d'exploitation va être déposée auprès des services de l'Etat en mars 2013. Nous sommes fermement opposés à la destruction du bois et demandons au plâtrier que l'extraction du gypse se fasse en cavage afin que l'aqueduc de la 'Dhuys et ses milieux environnants soient préservés. Le fort de Vaujours, autre propriété de Placo depuis 2010 et à cheval sur Courtry, subira une exploitation de gypse à ciel ouvert vers 2015 avec un risque de pollution lié au déplacement des terres contaminées lors des essais nucléaires réalisés sur l'ancien site du CEA (Commissariat à l'énergie atomique). Nous restons donc très attentifs et n'hésiterons pas à appeler à une mobilisation générale si la Dhuis s'avérait à nouveau menacée. Propos recueillis par S. M.

Placoplatre défend son projet

Philippe Cortial, directeur Mines et carrières chez Placoplatre, a tenu à apporter des précisions.

Les réserves s'épuisent les deux projets présentes visent à assurer la pérennité du premier site industriel d'Europe de fabrication des produits à base de plâtre. L'épuisement à moyen terme des réserves disponibles nécessite de prévoir deux nouvelles exploitations en carrières à ciel ouvert.

Avant toute éventuelle autorisation administrative, ce projet et son étude d'impact seront soumis à enquête publique et avis des collectivités concernées. D'ici là, Placoplatre poursuivra la concertation avec chaque commune et les associations. Seule une exploitation à ciel ouvert permet la récupération des trois couches de gypse avec 100 % de la ressource, contrairement au souterrain où seulement 35 % sont exploitables.

Moins nuisible à ciel ouvert

L'exploitation à ciel ouvert' permet une remise en état sécurisée avec des reboisements et une ouverture au public à terme. De même, elle supprimera tout risque d'effondrement du bois en éliminant les vieilles galeries souterraines présentes (impossible en exploitation souterraine).

Concernant l'ancien site du CEA et du fort de Vaujours, Placoplatre a présenté des études proposant un suivi radiologique durant l'exploitation. A ce jour toutes les mesures, en surface comme en profondeur dans les roches et les eaux, n'ont pas permis de déceler une quelconque anomalie par rapport à la radioactivité naturelle. La valeur de 33 fois la norme indiquée par « Sauvons la Dhuis» est totalement fausse, comme l'ont constaté les nombreux contrôles réalisés par l'IRSN (Ndlr : Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) et les membres de la CLCS venus en 2011 vérifier ce point dont la valeur réelle est de 0,1 microsievert par heure, soit celle du fond naturel.

Les mesures relevées sont cohérentes avec les remarques de la CRI/RAD (Ndlr : Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité) qui par ailleurs ne s'oppose nullement à l'ouverture d'une carrière. l'arrêté préfectoral - qui devrait autoriser l'exploitation - définira l'ensemble des prescriptions réglementaires. Philippe Cortial tient enfin à souligner « que seul ce projet permettra de supprimer une friche industrielle du paysage. Après exploitation, ce secteur sera réaménagé en espace naturel exempt de tout risque. ».

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mercredi 12 décembre 2012

DHUIS - Villevaudé - LeParisien : Placoplatre veut ouvrir une carrière à ciel ouvert

Quelques mois à peine après avoir obtenu l’assurance que la mairie de Paris ne vendrait pas l’aqueduc de la Dhuis à Placoplatre, les associations de défense de ce corridor écologique, qui relie la Seine-et-Marne à la Seine-Saint-Denis, s’apprêtent à entamer un nouveau combat. Le champ de bataille se trouve cette fois-ci à quelques kilomètres de là, au bois Gratuel, situé à Villevaudé.

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Villevaudé, lundi. Le fabricant de plâtre souhaiterait transformer le bois Gratuel en carrière de gypse à ciel ouvert, un projet qui inquiète les associations. | (LP/G.P.)

La société Placoplatre, filiale de Saint-Gobain, qui fournit le quart de la production nationale de plâtre, a présenté le 4 décembre à la commission locale de concertation et de suivi (CLCS) un projet d’ouverture d’une nouvelle carrière à ciel ouvert d’exploitation de gypse, le minerai qui sert de base à la fabrication du plâtre.

L’objectif est d’assurer la pérennité de l’usine de Vaujours (Seine-Saint-Denis), où sont employées 150 personnes. Elle est actuellement alimentée en gypse par les carrières de Bernouille (93) et de Villeparisis-Le Pin. Mais ces carrières viendront à épuisement d’ici « six à huit ans », selon le directeur mines et carrières de Placoplatre, Philippe Cortial. D’où la nécessité de trouver un nouveau site d’exploitation. D’après ce dernier, le bois Gratuel pourrait fournir l’usine de Vaujours en gypse pour une quinzaine d’années. Placoplatre déposera une demande d’autorisation d’exploitation au cours du premier semestre 2013.

Une décision qui émeut le collectif Sauvons la Dhuis, dénonçant « la destruction d’un bois possédant un réseau important de mares naturelles et abritant un nombre non négligeable d’espèces protégées ». Sur ce point, Philippe Cortial affirme, étude à l’appui, que l’impact du projet sera « très faible dans la mesure où les lisières boisées qui longent la promenade (NDLR : de la Dhuis) seront préservées ». « Faux », répond le collectif, pour qui le projet de Placoplatre est contraire aux normes sanitaires liées au périmètre de la Dhuis, rappelant qu’il doit être longé par « des bandes de protection sanitaire de 40 m de large de part et d’autre de son emprise ».

L’autre point d’achoppement, c’est l’exploitation à ciel ouvert que prévoit Placoplatre, beaucoup plus nocive que l’exploitation en « cavages » malgré son bien plus faible rendement. En Seine-Saint-Denis et dans le Val-d’Oise, le volontarisme d’élus locaux a permis d’interdire les exploitations à ciel ouvert. Ce n’est pas le cas en Seine-et-Marne, où Sauvons la Dhuis regrette que les élus « n’entendent pas » leurs propositions.

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Parviendront-ils, comme pour l’aqueduc de la Dhuis, à faire reculer Placoplatre? Ce sera un peu plus compliqué : le gypse est une ressource reconnue d’intérêt national par le Schéma directeur d’Ile-de-France (Sdrif) et surtout, Placoplatre est déjà propriétaire des terrains sur lesquels elle prévoit d’ouvrir cette nouvelle carrière. Malgré des appels répétés, le maire de Villevaudé n’a donné suite à nos sollicitations.

Grégory Plesse | Publié le 12.12.2012, 07h00

mardi 13 mars 2012

Reportage de Canal Coquelicot sur l'Abandon par Paris du projet de vente de la Dhuis à BP Placoplâtre

Canal Coquelicot - Émission du 13 Mars 2012 suite à l'annonce de l'abandon de la vente de la Dhuis à BP Placo.

lundi 12 mars 2012

Dhuis - Le Parisien : Paris abandonne la vente de l'Aqueduc de la Dhuys

Article du Parisien du Lundi 12 Mars 2012 qui annonce l'abandon de la cession de l'Aqueduc de la Dhuys à la société BP Placo par la Mairie de Paris.
12 mars 2012

Paris abandonne la vente de l’aqueduc de la Dhuis

L’Est francilien restera vert. La mairie de Paris a décidé d’abandonner la vente d’une partie de l’aqueduc de la Dhuis — un sentier aménagé en Seine-et-Marne sur un ouvrage souterrain construit sous Napoléon III — à un exploitant de carrières. Il y a cinq ans, l’Agence des espaces verts (AEV) avait investi 6 M€ pour transformer cette propriété de la Ville de Paris en une promenade de 27 km à travers le département.

Mais en octobre, l’une des délibérations du Conseil de Paris portait sur un projet de convention avec la société BP Placoplatre pour la vente de 6 ha. Objectif : créer une carrière de gypse… de quoi susciter un tollé auprès d’Ile-de-France Environnement, qui regroupe environ 300 associations environnementales. Lesquelles se sont mobilisées depuis, rassemblant près d’un millier de personnes lors d’une marche en novembre et collectant une pétition de 5000 signatures.

Dernier épisode en date : « La semaine dernière, nous avons rencontré Pierre Mansat, adjoint (PCF) au maire de Paris en charge du dossier, explique Christophe Nédélec, président de l’association les Abbesses de Gagny-Chelles. Il a déclaré que le projet de cession du tronçon était abandonné. »

Les tribulations de ce terrain ne sont pas finies. Paris pourrait décider de céder la totalité de l’aqueduc — sous-sol compris —, à l’AEV, qui est chargée de l’entretien du sentier.

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