APPEL DES ELUS, CITOYENS ET ASSOCIATIONS SUR LE FORT DE VAUJOURS

Au sein d'un rassemblement sans précédent, citoyens, associations, et élus de toutes tendances politiques, se mobilisent ensemble afin de dire stop au dangereux projet de Placoplatre de carrière de gypse à ciel ouvert sur le site contaminé et pollué du Fort de Vaujours. Ensemble ils dénoncent les conditions intolérables dans lesquelles ce dossier est traité, ils exigent la vérité et la transparence, et appellent à manifester le samedi 20 juin 2015 à 14h00 (rond point des Plâtres Lambert - Route de Courtry - à Vaujours).

RAPPEL DE LA MANIFESTATION

OPPOSITION TOTALE A LA DESTRUCTION DU FORT DE VAUJOURS ET DU BOIS GRATUEL

  • Samedi 20 Juin 2015 à 14h00
  • Route de Courtry 93410 Vaujours
  • au niveau du rond-point d’accès à la Nationale 3
  • Coordonnées GPS : 48.935041, 2.601937

APPEL

La société Placoplatre s’apprête à démolir des dizaines de bâtiments en vue de l’exploitation une nouvelle carrière de gypse à ciel ouvert sur l’ancien site contaminé du Commissariat à l’Énergie Atomique (CEA). Ces démolitions et la future exploitation, avec la bénédiction des services de l’État, pourraient faire peser de graves risques en terme de santé publique pour les populations des villes riveraines et pour les travailleurs qui seraient amenés à intervenir sur le site. Nous lançons un appel citoyen le plus large possible pour obtenir l’arrêt de ce projet et appelons à une manifestation le 20 juin 2015 à 14h00.

Quelques repères historiques

Le Fort de Vaujours est un site de 45 hectares, comprenant un ancien fort militaire, situé à cheval sur les départements de Seine-et-Marne et de Seine-Saint-Denis. Utilisé comme dépôt de munitions par l’armée allemande entre 1940 et 1944, il est ensuite occupé par le CEA de 1955 à 1997 qui y réalise notamment des tirs à l’uranium (dits « tirs froids » ou « essais sous-critiques »), à l’air libre et dans des casemates, pour tester les détonateurs de la bombe atomique. Le site demeure encore aujourd’hui classé « secret défense ».

image.jpg

Après l’abandon du site par le CEA, la mise en place de servitudes a été préconisée et une commission de suivi a été mise en place en 2001-2002. Le site présente, entre autres, une contamination résiduelle par des substances radioactives et pyrotechniques. Des travaux partiels de dépollution ont été réalisés par le CEA entre octobre 2001 et avril 2002 sur une zone restreinte (1000 m2) dans laquelle de nombreux points singuliers avaient été détectés. Une étude de la CRIIRAD (Commission de Recherche et d’Information Indépendante sur la Radioactivité) avait alors notamment mis en évidence une contamination résiduelle par l’uranium naturel et appauvri des sols du fort central et de certaines casemates.

Un arrêté inter-préfectoral en date du 22 septembre 2005 précise que :

  • « les terres issues de travaux de terrassement, construction ou modification du terrain doivent être stockées sur le site même » ;
  • « un usage résidentiel, des activités agricoles, des activités entraînant la présence régulière d’enfants, les établissements recevant du public et les lieux de rassemblement de personnes sont proscrits ».

Depuis 2010, le site est devenu propriété de BP Placo (Placoplatre – filiale du groupe Saint-Gobain) pour 30 ha et de la Communauté d’agglomération Marne et Chantereine pour 15 ha.

Placoplatre entend y réaliser une carrière à ciel ouvert pour exploiter le gypse. Cela signifie la destruction des bâtiments, le déplacement sur plusieurs dizaines d’hectares et sur 20 mètres d’épaisseur des strates géologiques supérieures du site, puis l’éclatement des masses de gypses avec des explosifs.

La Communauté d’agglomération Marne et Chantereine a aujourd’hui gelé tout projet après avoir envisagé une zone d’activités économiques.

Des risques pour la santé des travailleurs et des riverains

Pendant plus de 20 ans, le CEA a pratiqué des essais nucléaires avec des matières radioactives et chimiques sur le site. Les débris et éclats d’uranium causés par les explosions étaient projetés bien au-delà de l’emprise du fort et/ou évacués dans les 14 puits dit de «lavage» profonds de plusieurs dizaines de mètres.

L’uranium 238 utilisé est un toxique chimique qui présente une très forte radiotoxicité - en cas d’ingestion ou d’inhalation - pouvant provoquer, sur le long terme, cancers et leucémies.

A cette pollution s’ajoutent d’autres risques liés à la présence d’explosifs en subsurface, de pollutions aux métaux lourds (Arsenic, Mercure, Amiante, Cuivre, Plomb, Tungstène, Zirconium, etc.) ainsi que des pollutions chimiques (Dioxine, PCB, Perchlorate d’ammonium, etc.).

image.jpg

La nécessité d’études exhaustives

Il n’existe pas, à ce jour, d’études complètes garantissant l’indépendance, la qualité et surtout l’exhaustivité des expertises à l’échelle du site et à la mesure de son histoire. La CRIIRAD a rappelé, dès le mois de décembre 2012, aux membres de la Commission Locale de Concertation et de Surveillance associée au projet de carrière à ciel ouvert de Placoplatre, qu’il est nécessaire de prendre en compte :

  1. La contamination radiologique persistante, en particulier par de l’uranium appauvri;
  2. ​Les pollutions chimiques ;
  3. Les risques de présence d’explosifs en subsurface.

En outre, la CRIIRAD rappelle constamment que :

  • Toutes les zones contaminées ne peuvent avoir été détectées dans le cadre des campagnes de mesure ;
  • Le CEA a reconnu que certains ouvrages contaminés ont été noyés dans le béton compte tenu de l’impossibilité de les décontaminer ;
  • Les eaux potentiellement contaminées étaient déversées dans des puisards qui peuvent être contaminés en profondeur.

Un manque de transparence

La nature des expériences et activités menées par le CEA implique le respect de protocoles adaptés et vérifiés par différents experts.

En 1998, l’OPRI (Office de Protection contre les Rayonnements Ionisants) indique que le site «peut être considéré comme assaini», puis en 2000 le CEA déclare dans un mémoire : «il n’y a donc pas lieu d’inscrire le site au recensement national des sites et sols pollués», bien qu’une contamination des sols (uranium 238 entre autres) ait été confirmée en 2001.

Pour sa part, Placoplatre n’a jamais rendu publiques certaines études que l’entreprise s’était pourtant engagée à communiquer.

Les mesures contradictoires réalisées en février 2014 invalident les bilans des organismes spécialisés. L’analyse théorique que la CRIIRAD avait faite du dossier a donc été confirmée, point par point, sur le terrain.

Une commission de suivi du site (CSS) a été mise en place en juin 2014 par arrêté inter-préfectoral. Elle a pour mission de «créer entre les différents représentants des collèges (…) un cadre d’échange et d’information sur les actions menées, sous le contrôle des pouvoirs publics, par les exploitants des installations classées en vue de prévenir les risques d’atteinte aux intérêts protégés par l’article L. 511-1».

Cette commission a pourtant été constituée sans deux des acteurs majeurs du dossier, le collectif d’associations Sauvons La Dhuis et la CRIIRAD.

Le 5 mai dernier, les conditions dans lesquelles la réunion de la CSS s’est déroulée reflètent le déni de transparence et le mépris dans lesquels sont tenus élus locaux, élus nationaux et associations : absence de communication d’informations préalables, documents remis sur table, absence de contre-expertise et de véritable débat contradictoire,…

Enfin, les participants ont appris 2 jours après, par voie de presse, l’autorisation donnée par les services de l’Etat à Placoplatre pour poursuivre ses travaux de démolition. L’avis de l’ASN du 20 mars 2015, communiqué aux participants le jour même de la réunion, établit pourtant de nombreuses recommandations dont le recours à une expertise indépendante. Celle-ci est in fine remplacée par un « dispositif d’autocontrôle » dans le cadre duquel Placoplatre rétribuera directement le prestataire.

Nous exigeons une totale transparence concernant le site du Fort de Vaujours.

Répondre aux interrogations des riverains, des élus et des associations sur ce site et son devenir, connaître les mesures envisagées pour la sécurité de sa dépollution, établir un diagnostic sur les éventuels dangers sanitaires qu’une démolition puis une exploitation pourraient engendrer pour les populations environnantes, est une absolue nécessité. Afin de réunir les conditions de la transparence et de la vérité, il est nécessaire d’étendre temporairement les servitudes d’utilité publique à :

  • l’interdiction d’exploitation des sols et des sous-sols ;
  • l’interdiction d’activités économiques qui impliqueraient une présence régulière de travailleurs ;
  • l’interdiction de la destruction des bâtiments.

Nous demandons :

  • l’arrêt de tout projet en cours et notamment l’arrêt immédiat des démolitions ;
  • l’application stricte des principes de précaution et pollueur-payeur, comme défini par l’article L110-1, II, 3° du Code de l’environnement selon lequel « les frais résultant des mesures de prévention, de réduction de la pollution et de lutte contre celle-ci doivent être supportés par le pollueur. » ;
  • la mise en œuvre immédiate d’études exhaustives dans un cadre adapté (effectuées et/ou contrôlées par des organismes indépendants fiables)
  • sur l’ensemble du site et de ses environs (concernant tous les types de pollution et de contamination);
  • l’application du principe de précaution à valeur constitutionnelle, tel que défini à l’article 5 de la Charte de l’environnement de 2004 ;
  • la levée du secret défense.

APPEL À MANIFESTER

Samedi 20 Juin 2015 à 14h00 Route de Courtry 93410 Vaujours, au niveau du rond-point d’accès à la Nationale 3 Coordonnées GPS : 48.935041, 2.601937

PREMIERS SIGNATAIRES :

  • Association Villevaudé... Demain
  • Association Les Abbesses de Gagny-Chelles
  • Association Environnement 93
  • Association Union des familles laïques de Marne et Chantereine (UFAL)
  • Association Les Amis de Carnetin
  • Association AJT Rando
  • Association Marne et Gondoire à Vélo
  • Association de Défense de l’Environnement du Bois Fleuri (ADEBF)
  • Association Courtry Citoyenne
  • M. Pascal Durand, Député européen
  • M. Yves Albarello, Député de Seine-et-Marne, Maire de Claye-Souilly
  • Mme Charlotte Blandiot-Faride, Maire de Mitry-Mory
  • M. Antoine de Carvalho, Maire de Brou-sur-Chantereine
  • Mme Sylvie Fassier, Maire de Le Pin
  • M. Jean-Claude Génies, Maire de Gressy
  • M. Pascal Pian, Maire de Villevaudé
  • M. Xavier Vanderbise, Maire de Courtry
  • M. Alain Amedro, Vice-Président du conseil régional d’Île-de-France
  • M. Julien Bayou, Conseiller régional d’Île-de-France
  • Mme Emmanuelle Cosse, Vice-Présidente du conseil Régional d’Île-de-France
  • M. David Mbanza, Conseiller régional d’Île-de-France
  • M. Pierre Serne, Vice-Président du conseil régional d’Île-de-France
  • Mme Sophie Renard, Conseillère régionale d’Île-de-France
  • Mme Dominique Dellac, Conseillère départementale de Seine-Saint-Denis
  • Mme Frédérique Denis, Conseillère départementale de Seine-Saint-Denis
  • Mme Nadége Grosbois, Vice présidente du conseil départemental de Seine-Saint-Denis
  • M. Pierre Laporte, Conseiller départemental de Seine-Saint-Denis
  • M. Ramazan Aslan, Conseiller municipal délégué de Clichy Sous Bois
  • M. Christian Carlier, Conseiller municipal de Villeparisis
  • Mme Djamila Bekkaye, Maire-adjointe de Clichy-sous-Bois
  • M. Kader Bentahar, Vice-Président de la communauté d’agglomération Clichy Montfermeil
  • M. Aurelien Berthou, Conseiller municipal de Gagny
  • M. Christian Brickx, Conseiller municipal de Montfermeil
  • Mme Angelique Dambreville, Conseillère municipale déléguée de Clichy-sous-Bois
  • M. Olivier D’Heny, Conseiller municipal de Montfermeil
  • M. Lino Ferreira, Conseiller municipal délégué de Tremblay-en-France
  • Mme Céline Fréby, Maire-adjointe de Tremblay-en-France
  • Mme Cécile Goutmann, Conseillère municipale de Chelles
  • M. Gerard Lacan, Conseiller municipal de Villeparisis
  • M. Grégory Jurado, Conseiller municipal de Courtry
  • M. Frank Mouly, Conseiller municipal de Chelles
  • Mme Angélique Planet-Ledieu, Conseillère municipale de Montfermeil
  • M. Pascal Sarah, Conseiller municipal de Tremblay-en-France
  • M. Jean Tortrat, Président de l’association Courtry Citoyenne
  • Mme Camille Dalbera, Collectif Citoyen Courtrysien
  • M. Antony Soares, Collectif Citoyen Courtrysien

La suite des signataires : http://sauvons.dhuis.fr/pages/appelvaujours

Le collectif SAUVONS LA DHUIS - http://sauvons.dhuis.fr

SIGNER LA PÉTITION pour la préservation du Bois Gratuel: http://www.change.org/BoisGratuel

SIGNER LA PÉTITION sur le Fort de Vaujours : https://www.change.org/p/pour-la-v%C3%A9rit%C3%A9-sur-la-radioactivit%C3%A9-et-les-pollutions-du-fort-de-vaujours

Rejoignez nous sur Facebook : https://www.facebook.com/sauvonsdhuis