Le PARISIEN - Fort de Vaujours : le chantier de démolition à l’arrêt depuis fin janvier

Grégory Plesse | 11 Avril 2016, 18h20

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Mais que se passe-t-il au fort de Vaujours ? Pas grand-chose depuis le 28 janvier, date à laquelle la société Brunel, engagée par Placoplâtre pour démolir les anciens bâtiments du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), rachetés en 2010, a été remerciée. Pour quelle raison ? Chez Brunel, filiale du groupe Colas, on refuse de répondre, expliquant avoir signé un « accord de confidentialité » avec Placoplâtre.

Le leader du plâtre se montre pour sa part un peu plus disert. « Nous n’étions pas satisfaits des mesures correctives apportées par ce prestataire à notre demande de régularisation d’un certain nombre de différends organisationnels et commerciaux par rapport au contrat ». En clair, Brunel, devant les procédures très strictes qui encadrent ce chantier, réalisé par ailleurs sous l’égide de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), n’a cessé de demander des rallonges financières par rapport au contrat initial, ce qui a fini par lasser Placoplatre.

COURTRY VAUJOURS Fort de Vaujours

Fort de Vaujours, le 25 mars. La base-vie de la société de démolition Brunel est toujours déployée mais l’entreprise a abandonné le chantier depuis fin janvier 2016. (LP/G.P.)

Sur le terrain, on fait encore des découvertes inquiétantes

S’il y a bien une chose dont on est sûr aujourd’hui à propos du fort de Vaujours, c’est que le site est tout sauf assaini. C’est pourtant ce qu’affirmaient tous les organismes officiels intéressés par le sujet jusqu’en… février 2014.

Des mesures contradictoires réalisées par plusieurs laboratoires avaient alors permis de mettre au jour un « point chaud » dans une casemate que l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) s’était empressée de minimiser, estimant que « ces mesures ne peuvent pas être considérées comme représentatives de l’ensemble du site ». Les dernières mesures réalisées disent plutôt le contraire. En effet, lors de la dernière commission de suivi de site, en février, Placoplatre a révélé que sur deux autres casemates, qui n’ont pas été analysées sur l’ensemble de leur surface, ce sont 26 nouveaux points singuliers qui ont été détectés.

En outre, la préfecture évoque « une canalisation horizontale reliant une chambre de tir à un puits, qui a été bouchée par du béton dans le but de fixer la contamination. Elle est identifiée par Placo et le protocole de retrait de cette canalisation est à l’étude ». Reste que cela confirme que des résidus d’uranium ont été évacués par des puits dans le sous-sol et qu’ils ont potentiellement pu contaminer les nappes phréatiques. Or, les analyses radiologiques montrent un écart très net entre les mesures prises à la source des Malades, à Courtry, et à la fosse d’Aiguisy, au nord du fort. Des différences qui « s’expliquent par des variations ou fluctuations naturelles en fonction de la pluviométrie, par exemple ».

Et ces différences, pourraient-elles s’expliquer, par exemple, par l’activité passée du fort, c’est-à-dire jusqu’en 1997 ? « Ce n’est pas à exclure », reconnaît l’ASN, qui apparaît très mal renseigné sur le site. Elle n’est ainsi pas en mesure de proposer autre chose que des hypothèses à propos de ces variations et concernant l’uranium, elle sait simplement qu’il n’y a « pas de preuve qu’il soit d’origine anthropique », sans être non plus sûr à 100 % que cet uranium soit d’origine naturelle… Malgré l’historique accablant du site, l’ASN n’estime pas nécessaire d’en savoir plus car, même si l’uranium est dix fois plus concentré à la fosse d’Aiguisy qu’à la source des Malades, « ces chiffres sont en dessous des normes fixées par l’Organisation mondiale de la Santé pour l’eau de boisson ».

Enfin, on a également retrouvé des fragments de paratonnerre contenant du radium, une substance très toxique. Dans les deux cas, l’ASN considère que ces matières sont « correctement stockées et protégées ».

Une nouvelle déconvenue pour le champion du plâtre, dont le projet controversé d’exploitation d’une carrière de gypse à ciel ouvert sur un site contaminé par de multiples pollutions pendant quarante ans qu’y ont duré les activités atomiques. Placoplâtre assure néanmoins « anticiper un redémarrage des démolitions au début de l’été » et être actuellement à la recherche d’un nouveau prestataire.

Bizarrement, une information d’une telle importance n’a pas été divulguée lors de la dernière commission de suivi de site (CSS), le 10 février dernier. « Nous avions bien déclaré que nous étions en train de reconsidérer le cadre contractuel de notre sous-traitant », se défend Placoplâtre.

Pourtant, personne d’autre au sein de cette commission ne semble s’en rappeler, ni les élus, ni les associations. Et pas même la préfecture, qui nous précise que « Placoplatre a informé officiellement les services de l’Etat postérieurement à la CSS de février 2016 ».

Cette nouvelle péripétie qui a poussé Europe Ecologie-les Verts 93 à réclamer à nouveau « l’abandon du projet et la mise en place de la création d’un comité d’expertise indépendant composé à parité d’associations et de scientifiques reconnus, financés par les pouvoirs publics et non par Placoplatre, comme c’est le cas actuellement ».

Grégory Plesse | 11 Avril 2016, 18h20

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